19 décembre 2007

Le député Jean-Frédéric Poisson interpelle l'AFM : "Le fléchage est une obligation morale"

1fc669d87d4cdcbb70bc44a364daec54.jpgDans une tribune publiée par Valeurs actuelles, le député des Yvelines Jean-Frédéric Poisson interroge les organisateurs du Téléthon, « non pas sur leurs intentions, mais sur les moyens demandés et mis en œuvre pour les réaliser » :

On se souvient du débat qu'avaient lancé l'an dernier, comme on lance un pavé dans une mare, quelques voix qui s'inquiétaient de la destination des fonds recueillis par le biais de la télévision publique. Quelle recherche s'agit-il de servir, en définitive ? Celle qui veut  éradiquer les causes  de ces absurdes maladies et trouver les moyens d'en guérir, ou celle qui contribue à permettre la disparition des enfants qui en sont atteints avant leur naissance ?

Dès lors, le député, auteur d’un récent essai de bioéthique, L’Homme contre l’Homme ? (Presses de la renaissance), formule deux exigences :

  • La première consiste dans le fameux « fléchage » des dons : il est aujourd'hui possible, compte tenu des moyens technologiques modernes, de renseigner précisément les donateurs sur l'utilisation qui est faite de leur contribution, et de rassurer ceux qui le souhaitent sur les recherches effectivement aidées par leur effort. Aujourd'hui, ce fléchage n'est plus seulement une possibilité technique. C'est une obligation morale, qui réclame beaucoup plus que le silence méprisant dont il a fait l'objet jusqu'à ce jour. Et il serait parfaitement justifié de conditionner un don au Téléthon à l'existence de de dispositif.
  • La seconde consiste dans l'engagement des responsables du Téléthon à ne pas utiliser les dons recueillis à destination des techniques visant à sélectionner les enfants atteints de maladies génétiques avant leur naissance : éradiquer la maladie ? Oui ! Ceux qui la portent, non !

 

 

*Jean-Frédéric Poisson est député des Yvelines, vice-président du Forum des Républicains sociaux (UMP), www.jfpoisson.com

Source : Valeurs actuelles, 14 décembre 2007 

10 décembre 2007

Téléthon 2007 : une chute de 10 millions d’euros

96.2226.136 euros : le montant des promesses de dons pour le Téléthon 2007 est en baisse. L’AFM incrimine le mauvais temps, qui n’aurait pas permis d’organiser tous les évènements locaux prévus pour attirer le public.

En 2006, l’AFM avait annoncé une progression des dons, et s’était réjouie de l’échec de ses opposants dont la contestation de l’orientation éthique des fonds recueillis avait rencontré pour la première fois un large écho médiatique, grâce à la mobilisation de plusieurs évêques. Mais le délai anormalement long avec lequel les résultats définitifs avaient été publiés avait laissé à de nombreux observateurs que les dons enregistrés cette année-là n’étaient pas tous des dons individuels.

Si le Téléthon n’a pas franchi cette année la barre des 100.000 euros, il se peut donc aussi qu’une prise de conscience a eu lieu dans l’esprit des Français. La publication des résultats définitifs nous le dira, a fortiori si le délai de publication de ces résultats tarde vraiment.

L'an dernier, les promesses de dons avaient abouti à une collecte finale de 106,7 millions d'euros.

Mgr Pierre d’Ornellas : « L’embryon humain est une personne humaine»

a9d3e405d486734747474480e4695625.jpgArchevêque de Rennes, Mgr d’Ornellas préside le groupe de travail des évêques sur la bioéthique. Dans un entretien accordé à Ouest France le 5 décembre, il a renouvelé l’appel de l’Église au respect de la conscience des donateurs par le fléchage des dons. Ce que l’AFM s’obstine à refuser.

Pour Mgr d’Ornellas, « l’Église a toujours considéré la beauté de l’embryon humain qui doit être traité comme une personne humaine et les découvertes scientifiques contribuent à donner raison à cette pensée, puisqu’il y a une continuité dans son développement et un principe d’organisation cellulaire qui est invariable. Si l’embryon est considéré comme une personne humaine, il ne peut pas être utilisé comme un objet pour la recherche ».

L’archevêque revient sur le fléchage du Téléthon, que les évêques ont demandé :

« Plus le respect des consciences des donateurs est manifesté, plus la générosité est sérieuse et moins elle est guidée par l’émotionnel. Je suis pour la générosité. Elle sera d’autant plus grande qu’elle est réfléchie et consciente. Car au fond du cœur de tout homme, je crois qu’il y a une authentique générosité. »

Revenant sur la révision des lois de bioéthique votées en 2004, Mgr d’Ornellas s’étonne que « la nature de l’embryon humain change suivant qu’il y a un projet parental ou pas » :

« Il me semble que le concept de projet parental tient précisément parce que l’embryon est susceptible de recevoir ce projet, c’est-à-dire de tisser une relation humaine, celle d’un amour humain. Mais, même en l’absence de projet parental, l’embryon humain demeure susceptible de tisser cette relation. Je pense que cela, par exemple, appelle une modification dans la loi. »

 

Source : Ouest France, 5 décembre 2007.