10 décembre 2007
Mgr Pierre d’Ornellas : « L’embryon humain est une personne humaine»
Archevêque de Rennes, Mgr d’Ornellas préside le groupe de travail des évêques sur la bioéthique. Dans un entretien accordé à Ouest France le 5 décembre, il a renouvelé l’appel de l’Église au respect de la conscience des donateurs par le fléchage des dons. Ce que l’AFM s’obstine à refuser. Pour Mgr d’Ornellas, « l’Église a toujours considéré la beauté de l’embryon humain qui doit être traité comme une personne humaine et les découvertes scientifiques contribuent à donner raison à cette pensée, puisqu’il y a une continuité dans son développement et un principe d’organisation cellulaire qui est invariable. Si l’embryon est considéré comme une personne humaine, il ne peut pas être utilisé comme un objet pour la recherche ».
L’archevêque revient sur le fléchage du Téléthon, que les évêques ont demandé :« Plus le respect des consciences des donateurs est manifesté, plus la générosité est sérieuse et moins elle est guidée par l’émotionnel. Je suis pour la générosité. Elle sera d’autant plus grande qu’elle est réfléchie et consciente. Car au fond du cœur de tout homme, je crois qu’il y a une authentique générosité. »
Revenant sur la révision des lois de bioéthique votées en 2004, Mgr d’Ornellas s’étonne que « la nature de l’embryon humain change suivant qu’il y a un projet parental ou pas » :
« Il me semble que le concept de projet parental tient précisément parce que l’embryon est susceptible de recevoir ce projet, c’est-à-dire de tisser une relation humaine, celle d’un amour humain. Mais, même en l’absence de projet parental, l’embryon humain demeure susceptible de tisser cette relation. Je pense que cela, par exemple, appelle une modification dans la loi. »
Source : Ouest France, 5 décembre 2007.
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07 décembre 2007
La conscience des cathos à l’épreuve
Pour de nombreux observateurs, la controverse de 2006 sur l’emploi des fonds recueillis par le Téléthon, a porté ses fruits. Mais chez beaucoup, la conscience est encore troublée, avec ou sans remords, comme le révèle une enquête de La Croix.
D'ores et déjà, le ton a changé a noté Jean-Yves Nau, le chroniqueur médical du Monde. Pour le professeur Jacques Testard, qui critique pourtant la position de l’Église, « rien ne sera plus comme avant ». Chez les catholiques, justement, même remarque. Dans l’édition du jour de La Croix, l’homme par qui le scandale est arrivé se félicite. Voici ce que déclare Pierre-Olivier Arduin, responsable de la commission bioéthique du diocèse de Toulon :
« Pour nous, l’impact est très positif. C’est un réveil des consciences. Notre but n’était pas de faire baisser les dons du Téléthon, mais d’alerter les consciences sur des problèmes très graves. Les autorités morales de l’Eglise se sont emparées du sujet, des personnalités politiques et éthiques ont commencé à s’exprimer sur la question. »
Le quotidien a enquêté : des chrétiens ont pris conscience du danger. Christophe Creusat, président des AFC de la Meuse et médecin, explique :
« Au début, je trouvais cette idée de collecte nationale intéressante, très généreuse, et on a acheté des bougies. Mais parce qu’on a commencé à parler de tri des individus sur leurs gènes, je n’ai pas envoyé de chèque. En tant que médecin, je ne pourrais pas accompagner mes malades myopathes ou trisomiques tout en ayant donné de l’argent pour qu’ils ne soient pas là. Je donnerais au Téléthon si cette organisation s’engageait dans une charte à ne pas affecter cet argent dans le sens que je désapprouve. » ![]()
Le responsable du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) à Nantes, René Ridel, estime lui non plus ne pas pouvoir soutenir les moyens mis en œuvre par l’AFM : « L’Évangile dit “Quand tu fais l’aumône, fais le discrètement”, souligne ce militant catholique. Avec le Téléthon, on est plutôt dans le pain et les jeux.» Par souci de « cohérence », ses dons iront au Secours catholique.
En revanche, l’enquête du journal catholique met en évidence (sans prendre position) la confusion relativiste qui imprègne les esprits. Sous l’autorité de la commission « Éthique et Foi » du diocèse, telle école de la Somme est « sortie du dilemme » en partageant ses dons entre le Téléthon et la Fondation-Lejeune. « Maintenant on y voit beaucoup plus clair », explique sans rire le diacre responsable de la commission.
Chez d’autres, on est « contre l’eugénisme », mais on « ne focalise pas sur la question des embryons ». Et certains mouvements catholiques n’ont pas d’états d’âme. Les Scouts et Guides de France, partenaires historiques du Téléthon, rempilent cette année comme un seul homme. « On a envie d’être fidèles », explique-t-on à Montpellier : « S’il doit avoir lieu, le débat doit être mené “ailleurs”, avec les parlementaires. »
Quant à lui, Mgr Jean-Charles Descubes, archevêque de Rouen et président du Conseil des affaires familiales et sociales, il appelle au respect de la liberté de conscience des catholiques, mais sans donner d’éclairage particulier. Que pense-t-il du fléchage des dons, que l’AFM refuse catégoriquement ? « Je me suis rendu compte que c’était plus complexe que je ne le pensais. Même si cela ne veut pas dire que nous ne reposerons pas la question. » Il a noté que l’AFM, dont il a rencontré les dirigeants, était prête à « poursuivre l’échange ».
Source : La Croix, 7 décembre 2007
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05 décembre 2007
Mgr d'Ornellas : "Donner en conscience où la vie est respectée"
L’hebdomadaire Famille chrétienne (1-7 décembre) rapporte ces propos de Mgr d’Ornellas, archevêque de Rennes et chargé du groupe de travail des évêques sur les questions bioéthiques : « La science a le devoir de tout faire pour guérir. La recherche est donc bonne quand elle vise une thérapie. Mais la fin ne justifie pas les moyens. Tout chercheur doit se garder de faire aux autres ce qu’il veut pas qu’on lui fasse. »
Les catholiques doivent-ils renoncer à donner au Téléthon ? Réponse de l’archevêque : « Ils sont libres d’exercer leur générosité là où ils veulent. Mais ils ont aussi le devoir d’éclairer leur conscience. Il faut qu’ils donnent là où ils estiment que les moyens mis en œuvre ne violent pas le commandement “Tu ne tueras point”. »
17:28 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Téléthon, évêque
27 novembre 2007
Mgr Dominique Rey : "Nous ne pouvons pas nous associer à l'instrumentalisation de l'embryon"
Interrogé sur la nécessité pour l'Eglise d'alerter les consciences, comme l'a rappelé Mgr Vingt-Trois après l'assemblée plénière des évêques des 7-8 novembre, Mgr Dominique Rey revient sur les principes non négociables de l'engagement des chrétiens à propos du Téléthon.
[Diocèse de Fréjus-Toulon, document] - "Nous ne pouvons que nous sentir solidaire de la tragédie que vivent les familles et les enfants marqués par cette terrible maladie génétique qu’est la myopathie. Les efforts considérables entrepris par les bénévoles, les associations, les écoles… qui se mobilisent pour collecter des fonds afin de lutter contre la maladie, ne peuvent que susciter admiration et encouragement.
La polémique qui s’est développée autour du Téléthon l’an passé souligne aussi les dérives dans l’utilisation d’une part des dons pour financer certaines recherches qui manipulent et détruisent les embryons, comme s’ils n’étaient que de simples matériaux de laboratoire.
Chacun doit se mobiliser face à cette maladie, avec le double souci de la générosité et du discernement.
L’Eglise a rappelé à maintes reprises le "principe non négociable" du respect de la vie de l’enfant à naître. En suivant ce principe, nous ne pouvons pas nous associer à la promotion de recherches qui instrumentalisent l’embryon. Nous demandons le fléchage des dons, et soutenons aussi les investigations prometteuses faites sur les cellules souches adultes et sur le sang du cordon ombilical, et qui respectent ce principe."
+Dominique Rey,
Evêque de Fréjus-Toulon
09:45 Publié dans Des évêques s'engagent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Téléthon, embryon, fléchage, évêque, Eglise catholique
26 novembre 2007
Cardinal Vingt-Trois : le Téléthon n'a pas sa place dans les églises
Interrogé sur le fait que des paroisses aient refusé de "prêter" leur église pour des manifestations au profit du Téléthon, Mgr Vingt-Trois rappelle qu'"il s'agit d'une opération non confessionnelle" : "Je ne vois pas pourquoi on utiliserait les églises pour la faire fonctionner."
A la question : "En remettant le Téléthon en question comme vous l'avez aussi fait, ne risquez-vous pas d'éloigner l'Eglise du courant principal de la société ?", Mgr Vingt-Trois répond : "Les gens que Dieu envoie pour parler en son nom ne cherchent pas nécessairement ce qu'ils ont à dire dans les courants majoritaires de la société ou auprès des puissants de ce monde". "Quand j'invite à réfléchir sur le tri embryonnaire ou sur l'utilisation des cellules embryonnaires, cela ne veut pas dire que je donne une solution. Je dis simplement qu'il y a des questions à se poser", ajoute-t-il.
10:50 Publié dans Des évêques s'engagent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Téléthon, Eglises, Evêque
23 novembre 2007
Mgr Henri Brincard : « L’identification du légal et de l’éthique est abusive »

JE REMERCIE chaleureusement notre directeur de l’Enseignement catholique ainsi que notre responsable de la Pastorale de la Santé d’avoir si bien organisé cette rencontre avec Christian Cottet, directeur général de l’Association Française de Lutte contre les Myopathies (A.F.M) et avec le représentant local de cette Association Jean Guy Andreolotti. Une telle rencontre manifeste la volonté de dialogue de notre Église diocésaine, une volonté qui ne lui a jamais fait défaut, ce dont je me réjouis grandement. Nul ne conteste les mérites de l’A.F.M, mérites qui nous seront certainement rappelés ce soir. Cependant un vrai débat existe, débat concernant des questions auxquelles il est impossible de se dérober sous peine de tomber dans une légèreté coupable. C’est pourquoi, dans le temps qui m’est imparti, je voudrais proposer une brève réflexion sur ce que nous entendons par dignité de l’être humain et en tirer quelques conclusions au sujet des relations entre l’Église catholique et l’A.F.M.
A/ Rappel de quelques fondamentaux concernant la dignité de l’être humain
1 — Dès sa conception, l’être humain est pourvu d’une dignité inaliénable et ceci, à tous les stades de son développement. Comme l’a rappelé en son temps le Cardinal Louis-Marie Billé et ensuite plus récemment le Cardinal Jean-Pierre Ricard, l’embryon humain n’est jamais une « chose », autrement dit un « objet » utilisable au gré d’intérêts divers, même si, parmi ces intérêts, il y en a de plus nobles parce qu’ils se veulent au service de causes dignes de grande considération.
2 — Le respect de la dignité des embryons humains est fondé sur celui du « Droit à la vie », un droit si fondamental qu’il est nécessaire de le promouvoir en toute circonstance, surtout quand il s’agit d’êtres humains, soit innocents et sans défense soit connaissant - notamment au terme de leur existence, des souffrances si intenses qu’elles rendent impossible un exercice réel de la liberté.
3 — La raison humaine pleinement exercée et une foi chrétienne lucide s’accordent à dire, chacune selon sa perspective, que l’être humain est pourvu de droits que nul ne peut contester sans ébranler les assises d’une société, assises fondées sur les exigences objectives de la justice et aussi sur les exigences de ce que nous appelons aujourd’hui « une vraie convivialité ». Il en résulte qu’aucune personne ni aucune institution ne peuvent s’arroger le pouvoir de dire à un être humain : « Tu es un être humain dans la mesure où je l’ai décidé selon des critères qui me conviennent ».
Notons également que, par des chemins différents, l’approche scientifique, l’approche éthique et enfin l’approche chrétienne de l’homme, convergent, dans les conclusions que voici :
a/ La science affirme qu’il n’y a aucune solution de continuité dans le développement de l’embryon humain lequel, dès l’instant de sa conception, possède un patrimoine génétique propre.
b/ Fondée sur les exigences de la raison, l’éthique est en mesure d’affirmer que l’embryon humain n’est pas qu’une « cathédrale de molécules » mais un être dont la dignité est pourvue de droits inaliénables.
c/ La foi chrétienne proclame sans ambages sa volonté ferme de servir en toute circonstance la dignité humaine, dignité comportant une grandeur sacrée, celle d’être à « l’image et à la ressemblance » d’un Créateur qui est « Lumière et Amour ».
B/ Importance du dialogue au sein d’une société cherchant ses repères
Pour autant que cela dépende d’elle, l’Église catholique, encouragée par le concile Vatican II, a le souci permanent de promouvoir dans toutes les directions des dialogues constructifs afin d’approfondir sans cesse la vérité de l’homme et de faciliter ainsi une juste compréhension des droits et devoirs de la personne humaine. C’est pourquoi, et je suis heureux de l’affirmer à nouveau, l’initiative qui, ce soir, aboutit à notre rencontre, me remplit d’espérance.
C/ Le dialogue de l’Église catholique avec le Téléthon est un dialogue de grande portée.
Comme chacun sait, une des qualités d’un dialogue en vérité est la loyauté et la franchise. Afin que le dialogue soit plus fructueux, il me paraît important de rappeler les points suivants :
a/ L’Église catholique se réjouit de tout progrès médical permettant, dans le respect de la dignité humaine, de soulager la souffrance et de conduire, autant que possible, à la guérison. A ce sujet, il me semble opportun de souligner qu’au cours des siècles, et de bien des manières, l’Église catholique n’a cessé de témoigner d’une vraie compassion à l’égard de ceux qui souffrent. Qui peut en douter ? De même, l’Église catholique a souvent manifesté sa volonté inébranlable de servir de mieux en mieux les petits, les pauvres ainsi que ceux qui se trouvent dans le besoin. A titre d’exemple et au risque de faire des choix trop limités, qu’il me soit permis de citer ce soir l’oeuvre extraordinaire qu’ont été, au Puy, dans le passé, l’Hôtel-Dieu et l’Hôpital général et, aujourd’hui, la maison d’accueil des soeurs de Saint François ainsi que la structure d’accueil appelée « Mambré »…
b/ Au nom de la défense d’une dignité à laquelle la foi chrétienne confère une grandeur nouvelle, l’Église catholique, avec le soutien d’heureuses et nombreuses collaborations assurées par des hommes et des femmes de bonne volonté, est fermement décidée à servir toujours mieux une dignité humaine dont nous savons, par ailleurs, qu’elle demeure aujourd’hui menacée comme -hélas- cela fut trop souvent le cas dans le passé. C’est pourquoi la foi chrétienne s’interdit de considérer l’être humain comme un objet. Ajoutons que le souvenir de tragiques dérives du XXe siècle invite ceux qui ont à coeur d’assurer l’avenir de nos sociétés, à demeurer aujourd’hui plus que jamais vigilants.
c/ Le Téléthon bénéficie d’une couverture médiatique exceptionnelle. Il reçoit, par conséquent, des fonds considérables facilitant la mise en oeuvre de ses ambitions. Malheureusement, il n’en va pas de même d’associations non moins méritantes oeuvrant en des domaines où la souffrance est grande et les urgences évidentes, par exemple en ce qui concerne la trisomie 21 ou bien, en élargissant le périmètre des pathologies graves, en ce qui concerne diverses maladies génétiques frappant cruellement des enfants.
En vue de faciliter des choix qu’il appartient à chacun de faire en conscience, il est demandé aux associations d’être parfaitement claires sur leurs objectifs ainsi que sur l’utilisation précise des fonds collectés.
Dans le contexte actuel du fonctionnement du « Téléthon », et selon les dires de ses responsables, puisque les choix de l’association sont légaux, l’approche éthique relève seulement de l’appréciation individuelle. Cette identification du légal et de l’éthique est abusive. En effet, l’histoire du XXe nous rappelle, de manière tragique, à quoi a conduit, en certaines circonstances, une telle identification.
À mes yeux, il me paraît donc indispensable que les donateurs aient l’assurance que leur contribution ne servira jamais à des actions qu’ils jugent contraires à leurs convictions éthiques ou religieuses. Autrement dit, l’affectation des dons, doit — en toute justice, être conforme à des objectifs ouvertement affichés, et répondre aux choix mûrement pesés des donateurs. Par conséquent, il me paraît nécessaire que les donateurs, s’ils le désirent, puissent faire ce qu’on appelle « des dons fléchés ».
Conclusion
Je souhaite que le Téléthon concilie toujours mieux le respect de la dignité humaine et une recherche médicale qui ne peut, sous prétexte d’une fallacieuse efficacité, oublier cette dignité. Comme l’histoire nous le montre aussi, la recherche médicale, par d’incessants progrès, parvient à surmonter certains dilemmes en explorant plus avant des voies porteuses d’avenir et aussi pleinement respectueuses de la dignité de la personne humaine.
+ Henri Brincard,
Évêque du Puy-en-Velay
Source : http://catholique-lepuy.cef.fr/spip.php?article21
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14 novembre 2007
Mgr Raffin : “Il m’est impossible de soutenir la campagne du Téléthon”
[Communiqué de l'évêché de Metz] - La campagne du Téléthon 2007, on le sait, est pilotée depuis Metz. Un fort engagement des médias à la cause qu’il défend a fait que le Téléthon est devenu, depuis sa première édition en 1987, une grande opération nationale de solidarité destinée à financer les recherches susceptibles de guérir les myopathies.
L’Association française contre les myopathies (AFM), créée en 1958, favorise et soutient, grâce aux fonds recueillis à l’occasion du Téléthon, des recherches destinées à découvrir l’origine des maladies neuromusculaires et plus largement des maladies d’origine génétique, et à développer des thérapies classiques ou plus innovantes comme la thérapie génique ou la thérapie cellulaire.
Mais, en même temps, une partie des fonds de la collecte du Téléthon — un peu moins de 2 % — est affectée à la recherche sur les embryons.
Certes, je me réjouis de ce que la solidarité nationale finance des recherches concernant la santé — encore que celles-ci pourraient être financées par les seuls fonds publics —, mais je ne puis être d’accord avec le financement de recherches, si minimes soient-elles, en contradiction manifeste avec l’éthique, même dans un cadre strictement défini par la loi : le légal en effet n’est pas forcément moral.
L’embryon humain n’est jamais un objet utilisable au gré d’intérêts divers, même si, parmi ces intérêts, il y a la guérison possible de maladies graves.
Par conséquent, tant que l’on n’offrira pas aux donateurs la possibilité de s’opposer à l’affectation éventuelle de leurs dons à la recherche sur les embryons, il m’est impossible de soutenir la campagne du Téléthon.
Le 9 novembre 2007
+ Fr. Pierre Raffin, o.p.,
évêque de Metz
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10 novembre 2007
Mgr André Vingt-Trois : "La générosité ne légitime pas tout"
Extrait du discours de clôture de l'assemblée plénière des évêques de France
[Lourdes, 8 novembre 2007] - [...] Notre mission, c’est aussi d’alerter les consciences de nos contemporains. Nous le savons, les occasions ne manquent pas. La prochaine révision des lois de bioéthique supposera des interventions qualifiées auxquelles une cellule de notre conférence travaille déjà. Mais, plus profondément que les prises de position nécessaires sur tel ou tel sujet particulier, c’est tout un état d’esprit qui est en cause, une mentalité. Tous doivent travailler à ce niveau de profondeur où affleure la question de l’homme, de sa dignité et de sa vocation. Nous ne pouvons rester comme des chiens muets quand nous voyons se développer une sorte d’instrumentalisation rampante de la personne humaine.
On le constate aussi bien dans les domaines économiques et sociaux que dans le domaine de la bioéthique. Jusqu’où irons-nous dans l’utilisation et l’exploitation de l’être humain pour la satisfaction de nos désirs, même légitimes, même généreux ? C’est à la lente transformation des attentes et des requêtes de nos contemporains que nous devons travailler sans relâche. Nous devons avoir le courage de leur dire que notre mode de vie actuel ne pourra pas être préservé sans grave dommage pour l’avenir : dommage écologique mais aussi dommage financier des dépenses faites sur le compte des générations futures, misère culturelle et misère affective.
C’est à ce niveau de réflexion que se situent les questions que nous avons posées à propos du Téléthon. Nous pensons d’abord aux jeunes malades et à leurs familles, à leurs espoirs de guérison et à leur courage. Nous admirons la générosité qui anime ceux qui participent au téléthon et nous n’avons pas l’intention de jeter le discrédit sur cette générosité qui porte des fruits. Des chrétiens nombreux se joignent à ce grand mouvement de solidarité comme à d’autres initiatives qui ne sont pour autant ni confessionnelles ni implantées dans des organisations ecclésiales. Mais la générosité ne légitime pas tout. Nous souhaitons donc que chacun réfléchisse et que soient entendues les graves questions que nous avons soulevées : tri embryonnaire, utilisation des cellules embryonnaires et médiatisation de jeunes malades. Ces questions ne sont pas seulement les nôtres, mais nous devons les formuler. [...]
+ André Vingt-Trois,
archevêque de Paris,
président de la Conférence des évêques de France
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