03 décembre 2008
La force tranquille de l’objection de conscience, par Tugdual Derville*
L’approche de chaque Téléthon ravive pour les chrétiens – et toute personne attachée au respect de l’être humain dès son commencement – une question délicate. Que doit être leur attitude ? Comment persister à défendre la cause des plus vulnérables, sans se tenir à l’écart du monde, spécialement quand un évènement de ce genre mobilise un grand nombre de personnes bien intentionnées ?
Depuis que les objections éthiques majeures que l’Église catholique oppose à la politique de l’Association française de lutte contre les myopathies (AFM) ont rencontré un écho médiatique, nombre d’organismes chrétiens ont revu leur position. Non sans quelques débats, parfois houleux, avec de douloureux cas de conscience. Car ils risquaient de paraître désavouer la générosité qui rassemble les organisateurs de la « grand’messe cathodique » annuelle, tous ceux qui les aident et leurs nombreux donateurs.
Il est pourtant légitime de contester certaines pratiques promues ou financées depuis des années par une AFM dédiée en principe à chercher pour guérir et sauver. N’est-ce pas elle qui a dévié de cette mission originelle en vantant le diagnostic préimplantatoire ? Cette technique n’est qu’une façon de cacher la maladie en empêchant les embryons qui la portent de naître. Avec une telle logique, affirmait courageusement une marraine du Téléthon 2006 – Raphaëlle Monod-Sjöström, ancienne championne du monde de ski acrobatique – son filleul en fauteuil roulant présent en direct sur France 3 à ses côtés aurait été privé de l’existence, et aucunement guéri.
Une « transgression sans précédent »
De même leur terrible douleur et leur soif d’aboutir ont conduit les dirigeants de l’AFM à se constituer en puissant lobby cautionnant l’instrumentalisation de l’embryon humain, allant jusqu’à être un des premiers financeurs de la recherche sur l’embryon vivant. Elle est certes légale depuis 2004 mais on a le droit de la considérer comme une dérive inhumaine et pour tout dire immorale. C’est même « une transgression sans précédent » selon l’expression du cardinal Barbarin, dans son communiqué réagissant en 2004 à cette réforme de la loi bioéthique.
Se détourner du Téléthon reste un crève-cœur lorsque l’on sait que les sommes « détournées » d’usages qui seraient à nos yeux justes, sont encore très minoritaires. L’essentiel des dons continuent d’aller à des recherches éthiquement incontestables et à des aides concrètes. D’autant que ces aides soutiennent magnifiquement des milliers de personnes handicapées pour lesquelles nous n’avons pas de « solution de remplacement », puisque nous ne bénéficions pas de la capacité de communication acquise de haute lutte par l’AFM.
Il nous faut cependant être lucides : c’est un basculement de civilisation auquel l’AFM a fini par contribuer par son lobbying, faisant tomber les barrières éthiques qui jusque-là protégeaient l’embryon humain, sans voir qu’avec le DPI, puis la recherche sur l’embryon, les premières victimes de cette logique étaient les êtres humains vulnérables, comme ceux que l’association voulait sauver.
On sait déjà ce que donne un tel engrenage avec la trisomie 21. La politique publique glisse inexorablement de l’accueil à l’éradication prénatale, au détriment de la véritable recherche thérapeutique. Et certaines myopathies se traduisent désormais par 100% d’avortements qu’on dit « médicaux » lorsqu’elles sont décelées avant la naissance.
Il faut reconnaître qu’il est bien difficile à des responsables qui s’étaient engagés dans le Téléthon de lui tourner le dos. Des liens d’amitié s’étaient noués. On a mobilisé des paroisses, des écoles, des parents d’élèves. On a couru, chanté, quêté. Et soudain, ce dont on était fier et heureux s’effondre ! Les psycho-sociologues ont décrit la propension des personnes à rester attachées aux actes effectués avec une conscience droite lorsqu’il leur est révélé que tout n’était pas aussi rose qu’il y paraissait. La prise de conscience est longue, difficile et douloureuse. Elle est souvent émaillée d’éclats. La peur de ces scandales explique sans doute le malaise et les hésitations encore observés ici où là.
Du côté des militants de l’AFM aussi, on a du mal à comprendre en quoi l’Église serait prophétique en défendant l’embryon ; on se sent trahi et abandonné. Des chrétiens convaincus figurent d’ailleurs parmi les fondateurs de l’œuvre dont ils n’ont pas su éviter la dérive. La douleur, nous le savons, tend à anesthésier les consciences. On est vite prêt à tout pour échapper au malheur. C’est pourquoi, alors que 54% des Français auraient été favorables à un système de fléchage des dons permettant aux donateurs qui le désirent que leur argent n’aille pas à la recherche sur les embryons (sondage Ifop décembre 2006), les responsables de l’AFM ont répondu par une fin de non recevoir à cette porte de sortie honorable. La seule idée que l’on puisse les remettre en cause leur semble insupportable. Comme si la souffrance avait sacralisé leur projet. Les promesses de dialoguer avec l’Église sur ses réticences éthiques n’ont à ce jour pas abouti.
Le vaste champ de l’objection de conscience
À la décharge de l’AFM, il est aujourd’hui nécessaire de prendre la mesure du plus vaste problème que pose l’objection de conscience pour les personnes sensibles au respect de la vie. D’abord beaucoup d’autres organismes privés faisant appel au public sont entrées dans la même dérive que l’AFM (c’est le cas par exemple de la lutte contre la mucoviscidose, avec les Virades de l’espoir). Ensuite, si nous sommes sourcilleux sur l’usage de nos dons, ne devrions-nous pas l’être pour nos impôts qui financent, entre autres, l’avortement et son remboursement ? Enfin combien de chrétiens, s’ils creusaient davantage, prendraient conscience des transgressions éthiques commises par les entreprises ou les administrations où ils travaillent : industrie pharmaceutique, médias, structures hospitalières et de santé, pour ne citer que quelques cas emblématiques… Leur faudrait-il demander à renoncer à la part du salaire correspondant au « chiffre d’affaire » effectué sur ces domaines d’activité que leur conscience réprouve ?
Habitués à vivre dans le monde, nous n’avons pas toujours saisi la marginalisation culturelle et pratique des valeurs chrétiennes autrefois consensuelles, même dans les milieux anticléricaux. Nous avons aussi gardé l’habitude de nous soumettre poliment à l’autorité, ou à la loi, sans voir qu’une loi supérieure et qu’une autorité absolue nommée conscience nous appelait à la liberté. Mais pour assumer une telle liberté, il nous faut accepter de prendre des risques personnels, jusqu’à endurer ce que saint Maximilien Kolbe nommait le « martyr blanc ». Il ne prend pas la vie d’un coup, mais la demande par petits bouts, provoquant de cruels deuils successifs. Carrière, amis, notoriété : dans un monde paganisé, ne faut-il pas désormais, pour rester chrétien et pour agir en chrétien, en payer le prix ?
Là où cet enjeu est devenu le plus significatif ou crucial, c’est l’école, qu’elle soit publique ou privée.
Car c’est le « catéchisme » d’un véritable ordre amoral qui endoctrine désormais les élèves, jusque dans les lieux les plus estampillés « catholiques ». Du temps du gouvernement Jospin, les 12 millions de guides reprenant les préceptes mensongers du Planning familial étaient largement parvenus aux élèves de toutes sortes d’établissements. Aujourd’hui, c’est une campagne du ministère de l’Éducation nationale qui, pour lutter contre l’homophobie, propage une image faussée de la sexualité. Récemment des collégiens de quatrième d’une école chrétienne ont été invités par leur professeur de SVT à assister à la projection des Bureaux de Dieu au cinéma. Des parents ont découvert juste à temps qu’il ne s’agissait pas d’un film inscrit dans le cadre de l’éducation religieuse mais bien de celui où le Planning familial explique notamment, comment une mineure peut avorter en dehors de tout délai légal, à l’insu de ses parents.
Dans les classes de première d’un autre établissement catholique, c’est un représentant du Cecos (organisme recueillant les dons de sperme) qui viendra prochainement « informer » les élèves… Ailleurs, c’est l’invitation de Simone Veil en témoin de la vie qui a provoqué un scandale, devenu public, et des fractures.
Faudrait-il se taire, laisser faire, se contenter de faire jouer une objection de conscience individuelle ou prendre la défense de tous les élèves qui risquent d’être ainsi endoctrinés ? L’esprit de résistance est difficile à exercer dans la douceur et la paix. La stupéfaction de quelques parents, souvent minoritaires, risque de les conduire à des attitudes maladroites ou mal comprises. Mais c’est plus sûrement le silence qui tue.
*Tugdual Derville est délégué général de l'Alliance pour les droits de la vie, fondateur de A bras ouverts. A publié Le Bonheur blessé (CLD, 2005).
18:10 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : téléthon, objection de conscience
19 décembre 2007
Le député Jean-Frédéric Poisson interpelle l'AFM : "Le fléchage est une obligation morale"
Dans une tribune publiée par Valeurs actuelles, le député des Yvelines Jean-Frédéric Poisson interroge les organisateurs du Téléthon, « non pas sur leurs intentions, mais sur les moyens demandés et mis en œuvre pour les réaliser » :
On se souvient du débat qu'avaient lancé l'an dernier, comme on lance un pavé dans une mare, quelques voix qui s'inquiétaient de la destination des fonds recueillis par le biais de la télévision publique. Quelle recherche s'agit-il de servir, en définitive ? Celle qui veut éradiquer les causes de ces absurdes maladies et trouver les moyens d'en guérir, ou celle qui contribue à permettre la disparition des enfants qui en sont atteints avant leur naissance ?
Dès lors, le député, auteur d’un récent essai de bioéthique, L’Homme contre l’Homme ? (Presses de la renaissance), formule deux exigences :
- La première consiste dans le fameux « fléchage » des dons : il est aujourd'hui possible, compte tenu des moyens technologiques modernes, de renseigner précisément les donateurs sur l'utilisation qui est faite de leur contribution, et de rassurer ceux qui le souhaitent sur les recherches effectivement aidées par leur effort. Aujourd'hui, ce fléchage n'est plus seulement une possibilité technique. C'est une obligation morale, qui réclame beaucoup plus que le silence méprisant dont il a fait l'objet jusqu'à ce jour. Et il serait parfaitement justifié de conditionner un don au Téléthon à l'existence de de dispositif.
- La seconde consiste dans l'engagement des responsables du Téléthon à ne pas utiliser les dons recueillis à destination des techniques visant à sélectionner les enfants atteints de maladies génétiques avant leur naissance : éradiquer la maladie ? Oui ! Ceux qui la portent, non !
*Jean-Frédéric Poisson est député des Yvelines, vice-président du Forum des Républicains sociaux (UMP), www.jfpoisson.com
Source : Valeurs actuelles, 14 décembre 2007
11:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bioéthique, Téléthon, politique
10 décembre 2007
Téléthon 2007 : une chute de 10 millions d’euros
En 2006, l’AFM avait annoncé une progression des dons, et s’était réjouie de l’échec de ses opposants dont la contestation de l’orientation éthique des fonds recueillis avait rencontré pour la première fois un large écho médiatique, grâce à la mobilisation de plusieurs évêques. Mais le délai anormalement long avec lequel les résultats définitifs avaient été publiés avait laissé à de nombreux observateurs que les dons enregistrés cette année-là n’étaient pas tous des dons individuels.
Si le Téléthon n’a pas franchi cette année la barre des 100.000 euros, il se peut donc aussi qu’une prise de conscience a eu lieu dans l’esprit des Français. La publication des résultats définitifs nous le dira, a fortiori si le délai de publication de ces résultats tarde vraiment.
L'an dernier, les promesses de dons avaient abouti à une collecte finale de 106,7 millions d'euros.
18:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Téléthon
Mgr Pierre d’Ornellas : « L’embryon humain est une personne humaine»
Archevêque de Rennes, Mgr d’Ornellas préside le groupe de travail des évêques sur la bioéthique. Dans un entretien accordé à Ouest France le 5 décembre, il a renouvelé l’appel de l’Église au respect de la conscience des donateurs par le fléchage des dons. Ce que l’AFM s’obstine à refuser. Pour Mgr d’Ornellas, « l’Église a toujours considéré la beauté de l’embryon humain qui doit être traité comme une personne humaine et les découvertes scientifiques contribuent à donner raison à cette pensée, puisqu’il y a une continuité dans son développement et un principe d’organisation cellulaire qui est invariable. Si l’embryon est considéré comme une personne humaine, il ne peut pas être utilisé comme un objet pour la recherche ».
L’archevêque revient sur le fléchage du Téléthon, que les évêques ont demandé :« Plus le respect des consciences des donateurs est manifesté, plus la générosité est sérieuse et moins elle est guidée par l’émotionnel. Je suis pour la générosité. Elle sera d’autant plus grande qu’elle est réfléchie et consciente. Car au fond du cœur de tout homme, je crois qu’il y a une authentique générosité. »
Revenant sur la révision des lois de bioéthique votées en 2004, Mgr d’Ornellas s’étonne que « la nature de l’embryon humain change suivant qu’il y a un projet parental ou pas » :
« Il me semble que le concept de projet parental tient précisément parce que l’embryon est susceptible de recevoir ce projet, c’est-à-dire de tisser une relation humaine, celle d’un amour humain. Mais, même en l’absence de projet parental, l’embryon humain demeure susceptible de tisser cette relation. Je pense que cela, par exemple, appelle une modification dans la loi. »
Source : Ouest France, 5 décembre 2007.
18:15 Publié dans Des évêques s'engagent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Téléthon, embryon, evêque
07 décembre 2007
La conscience des cathos à l’épreuve
Pour de nombreux observateurs, la controverse de 2006 sur l’emploi des fonds recueillis par le Téléthon, a porté ses fruits. Mais chez beaucoup, la conscience est encore troublée, avec ou sans remords, comme le révèle une enquête de La Croix.
D'ores et déjà, le ton a changé a noté Jean-Yves Nau, le chroniqueur médical du Monde. Pour le professeur Jacques Testard, qui critique pourtant la position de l’Église, « rien ne sera plus comme avant ». Chez les catholiques, justement, même remarque. Dans l’édition du jour de La Croix, l’homme par qui le scandale est arrivé se félicite. Voici ce que déclare Pierre-Olivier Arduin, responsable de la commission bioéthique du diocèse de Toulon :
« Pour nous, l’impact est très positif. C’est un réveil des consciences. Notre but n’était pas de faire baisser les dons du Téléthon, mais d’alerter les consciences sur des problèmes très graves. Les autorités morales de l’Eglise se sont emparées du sujet, des personnalités politiques et éthiques ont commencé à s’exprimer sur la question. »
Le quotidien a enquêté : des chrétiens ont pris conscience du danger. Christophe Creusat, président des AFC de la Meuse et médecin, explique :
« Au début, je trouvais cette idée de collecte nationale intéressante, très généreuse, et on a acheté des bougies. Mais parce qu’on a commencé à parler de tri des individus sur leurs gènes, je n’ai pas envoyé de chèque. En tant que médecin, je ne pourrais pas accompagner mes malades myopathes ou trisomiques tout en ayant donné de l’argent pour qu’ils ne soient pas là. Je donnerais au Téléthon si cette organisation s’engageait dans une charte à ne pas affecter cet argent dans le sens que je désapprouve. » ![]()
Le responsable du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) à Nantes, René Ridel, estime lui non plus ne pas pouvoir soutenir les moyens mis en œuvre par l’AFM : « L’Évangile dit “Quand tu fais l’aumône, fais le discrètement”, souligne ce militant catholique. Avec le Téléthon, on est plutôt dans le pain et les jeux.» Par souci de « cohérence », ses dons iront au Secours catholique.
En revanche, l’enquête du journal catholique met en évidence (sans prendre position) la confusion relativiste qui imprègne les esprits. Sous l’autorité de la commission « Éthique et Foi » du diocèse, telle école de la Somme est « sortie du dilemme » en partageant ses dons entre le Téléthon et la Fondation-Lejeune. « Maintenant on y voit beaucoup plus clair », explique sans rire le diacre responsable de la commission.
Chez d’autres, on est « contre l’eugénisme », mais on « ne focalise pas sur la question des embryons ». Et certains mouvements catholiques n’ont pas d’états d’âme. Les Scouts et Guides de France, partenaires historiques du Téléthon, rempilent cette année comme un seul homme. « On a envie d’être fidèles », explique-t-on à Montpellier : « S’il doit avoir lieu, le débat doit être mené “ailleurs”, avec les parlementaires. »
Quant à lui, Mgr Jean-Charles Descubes, archevêque de Rouen et président du Conseil des affaires familiales et sociales, il appelle au respect de la liberté de conscience des catholiques, mais sans donner d’éclairage particulier. Que pense-t-il du fléchage des dons, que l’AFM refuse catégoriquement ? « Je me suis rendu compte que c’était plus complexe que je ne le pensais. Même si cela ne veut pas dire que nous ne reposerons pas la question. » Il a noté que l’AFM, dont il a rencontré les dirigeants, était prête à « poursuivre l’échange ».
Source : La Croix, 7 décembre 2007
11:40 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Téléthon, église, évêque
05 décembre 2007
L'AFM persite à refuser le fléchage des dons
Interrogée par l'hebdomadaire catholique Le Pélerin (6 décembre), Laurence Tiennot-Herment, présidente de l'AFM, confirme son refus du fléchage des dons.
Financeur du laboratoire I-Stem, spécialisé dans la recherche sur les cellules souches embryonnaires, "l 'AFM soutient toutes les pistes qui présentent un intérêt thérapeutique" affirme sa présidente. Elle s'abrite derrière les lois de bioéthique de 2004 pour justifier ces recherches. "Les cellules souches dites embryonnaires (sic) auraient la propriété étonnante de pouvoir se « transformer » en toutes sortes de cellules - nerveuses, de peau, de muscle, de sang... - d'où l'intérêt des chercheurs, qui espèrent les utiliser pour rechercher de nouveaux médicaments ou pour régénérer des organes malades."
L'affection d'une partie des dons adressés au Téléthon est affectée à ces recherches sur l'embryon humain. Mais Mme Tiennot-Herment refus catégoriquement le principe du fléchage des dons, demandé notamment par plusieurs évêques:
"D'une part, la mise en place d'un tel système a un coût non négligeable et c'est autant d'argent de moins qui irait à la recherche. Mais surtout, ce sont les malades et les familles adhérents de l'AFM qui décident de notre stratégie et de notre politique. Or, je le répète, cette stratégie repose sur l'intérêt général et non sur les choix de groupes de pression. Cette stratégie a fait ses preuves et nous sommes fiers des résultats obtenus. Nous la maintiendrons."
17:40 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Téléthon, AFM
Mgr d'Ornellas : "Donner en conscience où la vie est respectée"
L’hebdomadaire Famille chrétienne (1-7 décembre) rapporte ces propos de Mgr d’Ornellas, archevêque de Rennes et chargé du groupe de travail des évêques sur les questions bioéthiques : « La science a le devoir de tout faire pour guérir. La recherche est donc bonne quand elle vise une thérapie. Mais la fin ne justifie pas les moyens. Tout chercheur doit se garder de faire aux autres ce qu’il veut pas qu’on lui fasse. »
Les catholiques doivent-ils renoncer à donner au Téléthon ? Réponse de l’archevêque : « Ils sont libres d’exercer leur générosité là où ils veulent. Mais ils ont aussi le devoir d’éclairer leur conscience. Il faut qu’ils donnent là où ils estiment que les moyens mis en œuvre ne violent pas le commandement “Tu ne tueras point”. »
17:28 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Téléthon, évêque
29 novembre 2007
Le clip du livre de Nicolas Journet "Génétiquement incorrect"
Philippe nous signale le clip video du livre de Nicolas Journet, Génétiquement incorrect (Ed. Danger public, 2007) : "Imaginez un monde sans..." Bien vu ! A faire connaître (cliquez sur l'image).

Nicolas Journet est atteint d’une maladie orpheline peu connue : le syndrome de Marfan. Une anomalie génétique qui fait peser sur lui la menace permanente d’une crise cardiaque:
"Marfan, ces six lettres sont apparues dans ma vie à l’adolescence et ne m’ont plus quitté depuis."
Renvoyé de médecin en médecin dés l’adolescence, Nicolas Journet découvre le manque de prise en charge des maladies génétiques et, surtout, le regard froid et accusateur des médecins, qui culpabilisent ses parents.
Pour le corps médical, il est impensable de mener une existence heureuse avec une anomalie génétique. Ses parents auraient dû faire un diagnostic prénatal, pour l'empêcher de naître.
Nicolas, lui, entend bien prouver qu’il a toute sa place dans ce monde. C’est au nom de ce droit à la différence, et à "l'impureté génétique", qu'il revendique, haut et fort, son envie d’avoir des enfants, sans faire de dépistage prénatal.
Comme l'écrit Jean-Yves Nau, journaliste au Monde :
"On ne présente plus le Téléthon (...)
C’est reparti mais le ton a changé. (...)
Et le ton change aussi radicalement avec cet ouvrage étonnant, dérangeant, que signe Nicolas Journet, scénariste et documentariste, souffrant d’un syndrome de Marfan. (...)
Dans un chapitre intitulé «Jésus vs Téléthon», il revient aussi sur la polémique expliquant : « le Téléthon me donne autant d’urticaire que l’épiscopat catholique ». Son message n’est ni simple ni sans intérêt. Sans être fondamentalement opposé au dépistage prénatal, il aimerait qu’ici « la société assume son rôle ». Il aimerait que l’on puisse dire clairement que la pratique du diagnostic préimplantatoire et de l’interruption médicale de grossesse sont du domaine de l’eugénisme."
Voir aussi la note Téléthon 2007, le ton change (27 novembre).
Nicolas Journet
Génétiquement Incorrect
Ed. Danger public
coll. "Alter"
250 pages, 16,90 €
10:10 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Génétique, handicap, Embryon, Téléthon
27 novembre 2007
Mgr Dominique Rey : "Nous ne pouvons pas nous associer à l'instrumentalisation de l'embryon"
Interrogé sur la nécessité pour l'Eglise d'alerter les consciences, comme l'a rappelé Mgr Vingt-Trois après l'assemblée plénière des évêques des 7-8 novembre, Mgr Dominique Rey revient sur les principes non négociables de l'engagement des chrétiens à propos du Téléthon.
[Diocèse de Fréjus-Toulon, document] - "Nous ne pouvons que nous sentir solidaire de la tragédie que vivent les familles et les enfants marqués par cette terrible maladie génétique qu’est la myopathie. Les efforts considérables entrepris par les bénévoles, les associations, les écoles… qui se mobilisent pour collecter des fonds afin de lutter contre la maladie, ne peuvent que susciter admiration et encouragement.
La polémique qui s’est développée autour du Téléthon l’an passé souligne aussi les dérives dans l’utilisation d’une part des dons pour financer certaines recherches qui manipulent et détruisent les embryons, comme s’ils n’étaient que de simples matériaux de laboratoire.
Chacun doit se mobiliser face à cette maladie, avec le double souci de la générosité et du discernement.
L’Eglise a rappelé à maintes reprises le "principe non négociable" du respect de la vie de l’enfant à naître. En suivant ce principe, nous ne pouvons pas nous associer à la promotion de recherches qui instrumentalisent l’embryon. Nous demandons le fléchage des dons, et soutenons aussi les investigations prometteuses faites sur les cellules souches adultes et sur le sang du cordon ombilical, et qui respectent ce principe."
+Dominique Rey,
Evêque de Fréjus-Toulon
09:45 Publié dans Des évêques s'engagent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Téléthon, embryon, fléchage, évêque, Eglise catholique
Téléthon 2007 : le ton change
Généthique.org a lu les réflexions de Jean-Yves Nau sur le retour annuel du Téléthon. Le chroniqueur médical du Monde, qui s'était signalé l'an dernier par son honnêteté intellectuelle en pointant les ambiguïtés éthiques de l'AFM. Sur le site des Editions suisses Médicale et Hygiène (Medhyg.ch), Jean-Yves Nau note qu'après la controverse de 2006, le "ton a changé".
Les recherches du Téléthon ne font plus l'unanimité. Des voix s'élèvent. Nau rappelle que de nombreux évêques réitèrent leur appel à la responsabilité éthique des chrétiens.
Le journaliste évoque aussi l'ouvrage étonnant de Nicolas Journet, intitulé Génétiquement incorrect (Alter, 2007). Là aussi le ton change, rapporte Généthique :
Nicolas Journet atteint d'un syndrome de Marfan, revendique aujourd'hui son statut de "mutant" et souligne que "Marfan ou pas", il fera tout pour avoir des enfants, en excluant le recours au diagnostic préimplantatoire. Dans un chapitre intitulé "Jésus vs Téléthon", il explique que "le Téléthon me donne autant d'urticaire que l'épiscopat catholique" mais souhaite que "la société assume son rôle" et aimerait que l'on puisse dire que la pratique du diagnostic préimplantatoire et de l'interruption médicale de grossesse sont du domaine de "l'eugénisme". Il revendique un droit à "l'impureté génétique".
La 21e édition du Téléthon se tiendra les 7 et 8 décembre, à l'initiative et sous la responsabilité de l'Association française contre les myopathies (AFM). Depuis sa première édition, en 1987, rappelle Généthique, le Téléthon a engrangé 1.328 milliard d'euros.
09:20 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Téléthon, eugénisme




