29 novembre 2007

Le clip du livre de Nicolas Journet "Génétiquement incorrect"

Philippe nous signale le clip video du livre de Nicolas Journet, Génétiquement incorrect (Ed. Danger public, 2007) : "Imaginez un monde sans..." Bien vu ! A faire connaître (cliquez sur l'image).

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Nicolas Journet est atteint d’une maladie orpheline peu connue : le syndrome de Marfan. Une anomalie génétique qui fait peser sur lui la menace permanente d’une crise cardiaque:

  "Marfan, ces six lettres sont apparues dans ma vie à l’adolescence et ne m’ont plus quitté depuis."

Renvoyé de médecin en médecin dés l’adolescence, Nicolas Journet découvre le manque de prise en charge des maladies génétiques et, surtout, le regard froid et accusateur des médecins, qui culpabilisent ses parents.

Pour le corps médical, il est impensable de mener une existence heureuse avec une anomalie génétique. Ses parents auraient dû faire un diagnostic prénatal, pour l'empêcher de naître.

Nicolas, lui, entend bien prouver qu’il a toute sa place dans ce monde. C’est au nom de ce droit à la différence, et à "l'impureté génétique", qu'il revendique, haut et fort, son envie d’avoir des enfants, sans faire de dépistage prénatal.

Comme l'écrit Jean-Yves Nau, journaliste au Monde :

"On ne présente plus le Téléthon (...)
C’est reparti mais le ton a changé. (...)
Et le ton change aussi radicalement avec cet ouvrage étonnant, dérangeant, que signe Nicolas Journet, scénariste et documentariste, souffrant d’un syndrome de Marfan. (...)
Dans un chapitre intitulé «Jésus vs Téléthon», il revient aussi sur la polémique expliquant : « le Téléthon me donne autant d’urticaire que l’épiscopat catholique ». Son message n’est ni simple ni sans intérêt. Sans être fondamentalement opposé au dépistage prénatal, il aimerait qu’ici « la société assume son rôle ». Il aimerait que l’on puisse dire clairement que la pratique du diagnostic préimplantatoire et de l’interruption médicale de grossesse sont du domaine de l’eugénisme."

 

 Voir  aussi la note Téléthon 2007, le ton change (27 novembre).

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Nicolas Journet
Génétiquement Incorrect

Ed. Danger public

coll. "Alter"

250 pages, 16,90 €

22 novembre 2007

Un livre du député J.-Fr. Poisson, "Bioéthique : l'homme contre l'Homme ?"

518abb142d7ac41b49afaa1c63cc39bb.jpgDéputé des Yvelines, Jean-Frédéric Poisson est un des rares parlementaires à savoir de quoi il parle à propos de bioéthique. Mieux, philosophe, il a soutenu une thèse à la Sorbonne montrant que la "bio-éthique" en elle-même n'avait de sens que si elle était "ethique", tout simplement : pourquoi y aurait-il des éthiques à géométrie variable, selon leur objet ? On voit la dérive : le bien et le mal moral vous concernant ne seraient pas les mêmes, selon que vous vivez avant ou après la naissance...

 

Il nous livre dans son derner essai une analyse critique des actes de prise en charge médicale de tous les grands moments de la vie. Rassemblées donc sous le nom de « bioéthique », ces pratiques ne posent pas que des problèmes d'ordre juridique et médical : elles mettent aussi en cause la notion même de « personne humaine » sans le dire ouvertement. L'auteur met ainsi le lecteur face à un véritable débat philosophique.

 

Avec rigueur, il recense les différentes pratiques médicales contemporaines concernées, telles que la procréation médicalement assistée, l'euthanasie... L'utilisation récente de « bébés-médicaments » ne constitue-t-elle pas une forme inquiétante d'eugénisme ? Que penser de la loi bioéthique d'août 2004, qui redéfinit la mort cérébrale et permet ainsi aux transplanteurs le prélèvement d'organes chez les patients décédés mais à coeur battant ? Partant des faits d'actualité les plus récents, il met en lumière les enjeux qu'ils soulèvent et l'obligation d'un choix éthique qui en découle : tout ne doit pas être accepté.

 

Jean-Frédéric Poisson aborde la bioéthique d'une façon radicalement nouvelle : son analyse philosophique part non pas des principes de la bioéthique, mais de la pratique de la médecine. C'est pourquoi ce livre s'adresse aussi bien aux spécialistes et aux juristes qu'aux parents ou aux étudiants. Chacun est ainsi amené à s'interroger sur la place à donner à la science et à la médecine dans le monde de demain.

 

 

Jean-Frédéric Poisson, député des Yvelines depuis juillet 2007, a 44 ans. Titulaire d'un doctorat en philosophie, il se lance dans l'enseignement avant d'entrer en politique en 1993 comme spécialiste des questions bioéthiques. Adjoint au maire de Rambouillet (dont il fut maire de 2004 à 2007), il dirige également un cabinet de conseil en organisation et management. Il est l'auteur du Mythe bioéthique (Bassano, 2000) de Bioéthique, Éthique et Humanisme  (Editions hospitalières, 2003) et de La Dignité humaine (Éditions hospitalières, 2004).

 

Presses de la renaissance, octobre 2007, 238 pages, 19 € 

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07 septembre 2007

Un livre de P.-O. Arduin : “La Bioéthique et l'Embryon”, par Mgr Dominique Rey

cf9225eb6abba1045e9bdd7f2fec4f0e.jpgLa polémique sur la participation des catholiques au Téléthon a ouvert une brèche qui n’est pas près d’être refermée. Contre toute attente, le débat engagé a posé à frais nouveaux la question du statut de l’embryon humain, de l’eugénisme, des dérives de la biomédecine, du rapport entre la loi morale et la loi civile…, thèmes que l’on pensait à jamais interdits de cité. Notre collaborateur Pierre-Olivier Arduin, auteur de la note de mise en garde qui déclencha la controverse, décrypte dans son livre les enjeux bioéthiques de la question en les resituant dans une perspective plus large : celle d’un choc culturel et moral entre, d’une part, le relativisme éthique et l’utilitarisme idéologique postmoderne et, d’autre part, le magistère de l’Église qui se fait le porte-voix de la conscience morale universelle. De ce livre, écrit comme un vibrant appel à la réflexion et à l’action de tous ceux qui sont attachés au principe intangible du respect de la vie humaine dès sa conception, il ressort que l’objection de conscience est porteuse d’une dynamique capable d’ébranler les forces contemporaines de la culture de mort. En avant-première, nous sommes heureux de publier la préface de Mgr Dominique Rey.


QU’EST CE QUI CONSTITUE L’ESSENCE DE TOUTE VIOLENCE, et donc de tout totalitarisme ? La philosophe juive Hannah Arendt répond par une locution surprenante : « Le refus de la naissance. » « L’homme fut créé pour lui rappeler qu’il y eut un commencement » disait St Augustin. Chaque naissance célèbre et garantit l’avènement d’un nouveau monde. Elle signe le refus de tout fatalisme et de la répétition. Chaque nouveau « conçu » est de l’ordre de « l’inconcevable ». Chaque génération nous rappelle que la vie est un cadeau. Chaque existence nouvelle nous ramène à la douceur de vivre. Il n’est pas étonnant que dans les systèmes despotiques les plus cruels, la violence politique s’exerce par le contrôle des naissances, c’est-à-dire la programmation de la fécondité jusqu’à la production de la vie, que voudrait promouvoir aujourd’hui une science sans conscience. Toute violence endeuille le mystère de Noël. À l’inouï de toute nativité, elle substitue le « clone », le « robot », ou le meurtre de l’enfant à naître.

Toute violence se rapporte à la négation de « l’autre », de sa différence et de son handicap jusqu’à lui interdire le droit d’exister. Aujourd’hui, comme dans l’histoire humaine, la violence cherche sa légitimité dans la loi ou dans la science, comme si ce qui était légal était toujours moral, comme si la conscience était soumise aux prétentions de la science.

Les savantes manipulations de l’émotionnel brouillent un peu plus les repères éthiques. On joue la pitié au dépens de la vérité jusqu’à exercer un terrorisme compassionnel et culpabilisateur par la mise en scène de situations limites et caricaturales, et d’imposer à l’opinion publique un prêt à penser moral. Le lobbying auprès des médias et des politiques fait le reste. Elle valide une stratégie eugéniste qui justifie la sélection des êtres humains jusqu’à les empêcher de naître. La société se donne le droit de décréter qui mérite de vivre, et qui doit mourir. Cette idéologie prométhéenne porte encore l’ambition avérée de procréer, quitte à priver l’enfant né dans un laboratoire du droit d’accès à son origine familiale, et de perdre son identité générationnelle.

De façon prophétique et pour conjurer ces transgressions qui portent atteinte à la dignité de la personne humaine, l’Église parle du respect dû à chaque personne, du stade embryonnaire de la vie jusqu’à la mort naturelle. Image et ressemblance de Dieu, chaque être humain est sacré. Don de Dieu, il est appelé à devenir sujet de sa propre histoire. L’enseignement de l’Église nous libère de la culture mortifère que l’on voudrait nous inculquer. La haute estime et l’exigence éthique que l’Église, experte en humanité, exprime vis-à-vis de la vie, la conduisent à défendre l’homme contre lui-même, et à « aimer son prochain comme soi-même. »

Dans la magistrale encyclique de Jean-Paul II sur la valeur et l’inviolabilité de la vie humaine, L’Évangile de la vie, le Saint-Père voulait réveiller les consciences face à toutes les formes d’agressivité contre la vie humaine, surtout quand elle est faible et sans défense :

« La conscience morale semble s’obscurcir terriblement, et avoir de plus en plus de difficulté à établir la distinction claire et nette entre le bien et le mal, pour ce qui touche à la valeur fondamentale de la vie humaine. En réalité, si le phénomène tellement étendu de l’élimination de nombreuses vies humaines naissantes ou sur la voie du déclin est on ne peut plus grave et inquiétant, non moins grave et inquiétante est la perte de la sensibilité morale dans les consciences. »
L’ouvrage de Pierre-Olivier Arduin participe de la prise de conscience à l’intérieur de la communauté ecclésiale, comme vis-à-vis de notre société, des enjeux et des défis auxquels nous ramène la fidélité à l’Evangile.


* + Dominique Rey,
évêque de Fréjus-Toulon.




La Bioéthique et l’Embryon
Quels enjeux après la controverse du Téléthon ?

Préface de Mgr Dominique Rey, avant-propos de Jean-Marie Le Méné
■ Sortie 8 septembre, Éditions de l’Emmanuel, 203 pages, 13,30 €
■ Pour commander le livre à la librairie de l'Emmanuel : Librairie-emmanuel.fr


Pierre-Olivier Arduin est marié et père de cinq enfants. Titulaire d’un master de recherche Éthique, science, santé et société, il anime la commission « Bioéthique et vie humaine » du diocèsede Fréjus-Toulon et collabore à la lettre hebdomadaire Décryptage éditée par la Fondation de Service politique. Il est également directeur des études de la nouvelle formation en bioéthique de troisième cycle Jérôme-Lejeune.